Marie Georges BUFFET à MARTIGUES...Compte rendu de presse
Dernier moment fort de la visite de la secrétaire nationale du PCF en région PACA le meeting de Martigues placé sous le signe de la contre-offensive populaire. Devant plus de 2 000 personnes, elle appelle au rassemblement antilibéral le plus large pour battre la droite et réussir à gauche.
Nous sommes en « train de révolutionner la gauche » pour gagner en 2007 et enfin « changer la vie des gens ». Marie-George Buffet a placé ses ambitions très haut hier soir lors du meeting de Martigues.
Cette réunion publique a conclu la visite de deux jours de la secrétaire nationale du PCF en PACA. Après des rencontres qualifiées de « très riches » à Nice, Toulon, Cassis ou Fos, elle s’est adressée à plus de 2 000 personnes avec un unique objectif : renforcer la dynamique en cours autour du rassemblement de la gauche antilibérale.
Si elle a évoqué les problèmes relatifs à la désignation mi-décembre d’une candidature unique, Marie-George Buffet a surtout développé les contenus du projet antilibéral adopté par les collectifs unitaires, et dessiné le périmètre et les conditions de ce rassemblement. Sans pour autant négliger les obstacles qui se dressent.
« Ce n’est pas étonnant que les gens doutent, explique-t-elle, alors que depuis des années on nous explique que la politique ne peut pas grand chose, que les salariés français sont des nantis qui doivent abandonner leurs privilèges ». Cette dérive s’amplifie aujourd’hui dans cette pré-campagne présidentielle. « Ils font comme si nous étions à 48 heures du 2e tour, ironise Marie-George Buffet Les deux candidats officiels sont désignés, bien présentables : Nicolas Sarkory et Ségolène Royal. Et si ça ne vous plaît pas, vous pouvez vous abstenir ou aller chercher une porte de sortie en votant Le Pen. Il faudrait dire adieu à toute idée de changement ».
Ne pas livrer les clés de la République à Sarkozy
C’est cette fatalité écrite à l’avance qu’elle refuse. « Nous n’allons pas l’accepter ! lance Marie-George Buffet. Nous sommes en train de faire émerger cette contre-attaque populaire, nous sommes en train de faire dérailler ce bipartisme, de prendre en main un défi formidable : battre la droite en construisant une nouvelle majorité à gauche, de façon durable, avec un projet antilibéral ».
Parce qu’il y a « urgence » sociale et politique, ce défi« ne peut attendre ». « Nous voulons le relever en 2007 », poursuit-elle car « on ne peut pas accepter que Sarkozy et ses hommes s’emparent des clés de la République ». Porteurs d’une politique ultra-libérale, « ils sont dangereux pour les acquis sociaux, pour les libertés ». Ils cherchent « à diviser le peuple, à utiliser les communautés les unes contre les autres ». Elle s’élève encore contre cette droite qui « est allée s’agenouiller devant Bush ».
C’est pourquoi, évoquant le 2e tour de la présidentielle, elle bannit toute ambiguïté : « Quel que soit le candidat qui sera en tête de la gauche, il faudra se rassembler, sans aucune tractation, pour faire barrage à Sarkozy. »
Mais cet objectif atteint, tout ne sera pas fait. Car, « il ne faut pas seulement battre Sarkozy, mais combattre aussi toutes les politiques libérales quels que soient ceux qui les conduisent ». Or, pour Marie-George Buffet, « 1’alternative à Sarkozy, ce n’est pas la gauche royale ».
Celle qui fut ministre de la Jeunesse et des Sports ne veut pas oublier : « Si la gauche plurielle a été sanctionnée en 2002, avec ce séisme démocratique avec Le Pen face à Chirac au 2e tour, c’est surtout parce qu’elle a échoué à affronter l’Europe libérale, qu’elle n’a pas redistribué les ressources de ce pays et qu’elle n’a pas défendu le service public ».
Cinq ans plus tard, elle prévient : « Si la gauche déçoit à nouveau, en 2012 s’ouvrira un boulevard pour une droite et une extrême droite encoreplus réactionnaire ».
« Quand on est de gauche, il faut avoir l’audace d’une politique antilibérale »
En 2007, l’objectif est que « la gauche prenne le pouvoir pour rendre le pouvoir au peuple. Une gauche qui ait l’audace de répondre aux urgences ».
C’est cette gauche-là qui « est en train de se construire dans les collectifs, qui s’est donnée un programme qu’il faut encore travailler dans les débats citoyens ».
Après avoir tracé les grandes lignes de ce projet de rupture avec le libéralisme et les moyens de la financer, Marie-George Buffet s’interroge : « Serons-nous assez nombreux pour le porter ? » Pour réponse, elle lance « Nous avons eu la majorité lors du référendum du 29 mai ou contre le CPE. Pourquoi ne serions-nous pas la majorité politique (..) si nous jouons la gagne ? » Elle fixe l’objectif de « soulever une grande dynamique populaire » et donc de ne pas « fermer les portes du rassemblement à ceux qui n’en sont pas encore ». Pour former « une grande chaîne humaine », il faut s’adresser à toutes les sensibilités de gauche car, affirme Marie-George Buffet « quand on est de gauche, il faut avoir l’audace d’une politique antilibérale ».
Appelant à la création de nombreux collectifs, elle rappelle que « les communistes participent sincèrement à ce rassemblement car ils veulent créer les conditions du changement. Nous servons ce changement. C’est notre utilité de parti. ».
Christian DIGNE (La Marseillaise, le 10 novembre 2006)
La "vrai gauche de Buffet" à Martigues
Loin du bel ordonnancement des débats du PS, le meeting de "contre-attaque populaire" avec Marie-George Buffet donnait, hier soir à Martigues, la vision d’une assemblée générale passionnée. Les collectifs des sans-papiers, avec les enfants jouant sur la tribune, racontant l’échec à une expulsion, les jeunes de quartier, les salariés en lutte contre les délocalisations de Diebold ou les syndicalistes qui défendent le service public ou les membres des collectifs du rassemblement antilibéral se sont exprimés avec fougue et humour, sans trop de langue de bois, se faisant souvent applaudir par la salle où flottaient les drapeaux rouges.
Avec une constante, la volonté de soutenir une "vraie gauche". "Je veux battre Sarkozy qui est un peu Bush et un peu Le Pen, résume Fouzia, membre d’un collectif à Orange. Ce n’est pas avec Royal ou Strauss-Kahn qu’on va le battre. J’ai 35 ans et que des contrats précaires dans ma vie. J’ai besoin de ququ’un qui me redonnee dignité et espoir. J’ai envie que ça soit toi Marie-George parce que José Bové, ce qu’il fait, c’est trop violent. "
Alors que le processus de désignation du candidat ou de la candidate de la gauche anti-libérale n’est pas abouti, Marie-George Buffet, qui veut rassembler bien au-delà du PC a martelé qu’elle voulait "redonner une voix à ces hommes et ces femmes qui ont l’impression d’être gommés du débat politique, où on agite des faux sujets" Elle a ironisé sur ce "mauvais film présenté aux Français". "On a l’impression qu’on est à 48h du second tour et qu’il y a deux candidats officiels désignés, bien présentables. Et si cela ne vous plaît pas, on vous dit de vous abstenir ou d’aller vers un vote extrême. " Pour elle, la refondation de la gauche et de la politique est une manière de lutter contre ce renoncement. "Nous devons refuser le bipartisme pour porter un autre choix. Afin de répondre aux attentes des Français qui souffrent dans leur quotidien, leur travail, dans la lignée du non à l’Europe." Et après avoir fustigé la "droite qui n’est pas digne de la République", elle a appelé à se méfier d’un PS qui ’pourrait encore décevoir en arrivant au pouvoir".
Philippe LARUE (La Provence, le 10 novembre 2006)